La plume du simorgh - Tapa blanda

Mussapi, Roberto

 
9791095066705: La plume du simorgh

Sinopsis

Préfaçant en 1999 "Le Voyage de Midi" de Roberto Mussapi (éd. Gallimard/L'Arpenteur), Yves Bonnefoy soulignait "l'aspect européen de l'apport du poète piémontais" né en 1952, qui s'est imposé en Italie comme un des poètes majeurs de sa génération. Dans la conquête de sa voix de poète italien né au Nord de l'Italien dans une des principales régions de la résistance au fascisme, Mussapi s'est nourri de sa passion pour les poètes de l'imaginaire irlandais (W. B. Yeats, Seamus Heaney) autant que de l'oeuvre des grands romantiques anglais qu'il a traduits (Byron, Shelley, Keats, Coleridge), des auteurs français qu'il éprouve comme fraternels, de Villon à Beckett, des grands poètes latins comme Horace et Virgile, et de toute la poésie italienne depuis Pétrarque et Dante. Proche à ses débuts de Mario Luzi et de la romancière Lalla Romano, il a déployé depuis les années 1980 une activité considérable d'éditeur, de critique, d'homme de radio, de dramaturge (on lui doit une quinzaine de pièces de théâtre), et il a même écrit plusieurs livres pour les enfants. Dans son riche parcours, que plusieurs volumes de traductions ont déjà permis de faire connaître en France depuis Lumière frontale (La Différence, 1996), ce nouveau recueil, "La Plume du Simorgh", paru chez Mondadori en 2016, a marqué une date importante. La poésie de Mussapi s'y affirme de plus en plus narrative dans son essence profonde, mais aussi dialogique, donnnant la parole à des personnages qui nous racontent leur aventure, que parfois nous avions cru connaître quand ils sont célèbres, comme Marco Polo, mais dont nous découvrons la face cachée, le secret qui attendait d'être dévoilé. Aussi la jubilation de la fiction prend-elle ici volontiers a forme du texte apocryphe. La fascination pour l'Orient, proche ou lointain, aimante tout ce livre qui est comme un nouveau parcours poétique de la route de la soie sous la conduite du Simorgh, l'oiseau mythique de l'ancienne Perse qui niche dans l'arbre de la Connaissance et qui est si vieux qu'il a déjà vu trois fois la fin du monde. La quête du Simorgh par trente oiseaux pèlerins sous la conduite de la huppe formait la trame de "La Conférence des oiseaux", le récit du poète soufi du douzième siècle Farid al-Din Attar de Nichapour. A chacun des récits qui se succèdent dans ce livre, reprenant la même quête de sagesse et de beauté, Roberto Mussapi invite le lecteur à se demander quel est le véritable but du voyage. Ce recueil qui croise l'imaginaire des "Mille et Une nuits" et celui de l'Occident chrétien, est véritablement un appel à rendre au merveilleux et aux trésors de l'imagination créatrice la place qu'ils méritent dans le champ de la poésie du 21e siècle.

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Acerca del autor

Né en 1952 à Cuneo, Roberto Mussapi vit à Milan depuis l’époque de ses études. Il est marié à l’artiste-peintre Teresa Maresca. Sa poésie est traduite dans une quinzaine de langues. Ont paru en français : "Lumière frontale" (La Différence, 1996), "Le Voyage de Midi", préface d'Yves Bonnefoy (Gallimard, 1999), "La Poudre et le feu" (L'Escampette, 2003), "La Vénitienne", préface d'Yves Bonnefoy (Virgile, 2009).

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LA PLUME DU SIMORGH La lumière ne décroît jamais, elle s’éteint. Comme l’oiseau que nous connaissons, pour renaître. C’est une illusion de croire qu’une chose passe du moment où elle était dans sa plénitude, à la sénescence. Il n’y a pas d’interruption dans le feu, il y a extinction pour que les braises se rallument, que tu te rallumes. Ce n’était pas cela que j’avais appris jadis, la décroissance de la flamme, le crépuscule. Il n’existe pas de temps intermédiaire, toi, tu passes et tu te noies pour renaître, cela, c’est écrit déjà au fond de la mer, imprimé dans les chiffres du corail. La vie qui te fit fut ambiguë et généreuse, tu lui appartiens, c’est toi qui la fais vivre. Maintenant qu’il pleut, les pas s’éloignent, les trams avec leur bruit métallique, et il semble qu’il pleuvra toujours, mais il y a une porte jamais vue, ou soudain grande ouverte. Tu crois que l’obscurité se rapproche, mais déjà plane la menace de la nuit et du songe qui te prend et t’embrasse. Chacun se berce dans un songe souvent faible et incertain par peur du matin, du chant du coq quand les ombres tombent et que toi, vivante, tu conduis le globe vers son réveil. Ce n’était pas cela que j’avais appris jadis, le lent devenir et la transformation du jour en une sérénité muette, privée d’étoiles. Il n’y a, tu l’as révélé, qu’un feu incessant qui régénère.

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