Tandis qu'une guerre oppose le Nord et le Sud du continent américain, le "crash", une drogue inconnue, fait son apparition à Dockcity. Elle transforme ses "accros" en génies, mais elle provoque une inquiétante vague d'overdoses mortelles. Détective dans le civil, et pour l'heure, mobilisé dans l'US Army, Laurel Hardy est chargé d'enquêter. Ses investigations le conduisent à un parc d'attractions reconstituant l'enfer avec ses démons et ses âmes damnées Conçu pour le noir et blanc, cet hallucinant récit résulte de l'association occasionnelle de deux talents exceptionnels : Foester (scénario et dessin) et Andréas (encrage).
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Philippe Foerster a suivi les cours de l'Institut Saint-Luc, en même temps qu'Andréas, Schuiten, Sokal, Berthet... autant d'auteurs appelés à renouveler le 9e Art par leur approche novatrice. Foerster ne fait pas exception à la règle. Vite appelé par Marcel Gotlib pour collaborer à Fluide, il y dessine des dizaines de courts récits où l'humour noir le dispute au fantastique. En effet, Foerster est un homme cultivé, extrêmement cultivé; Impossible, avec autant de matière à disposition, de se cantonner à un genre. Surtout quand on peut les mélanger tous. Il peut s'agir de produire de savoureux anachronismes (« Silex Files ») ou de dévoiler au grand jour – et de manière drôle et intelligible, s'il vous plait ! - les rapports intimes entre contes de fée et psychanalyse freudienne (« Gueule de Bois »). Chez lui, rien n'est jamais donné et, en soulevant le rocher de l'humour, le lecteur laissera souvent s'échapper ces petits crabes que sont la réalité et l'interprétation qu'en a l'auteur.
Né en Allemagne, c'est pourtant en Belgique qu'Andreas suit les cours d'Eddy Paape et de Claude Renard, où il fait la connaissance de nombre de futurs grands du 9e Art. Après quelques histoires courtes, il entame sa première œuvre marquante dans les pages du journal Tintin, « Rork ». Il y développe le style unique qui fera sa réputation : de longues sagas où tout semble connecté, et planifié très longtemps à l'avance, en ésotérisme et aventure. Graphiquement, cette singularité est encore plus marquante. En effet, Andreas est réputé pour sa qualité et l'originalité de ses découpages. Peu friand de gaufrier traditionnel, il n'hésite pas à expérimenter toujours plus en avant, capable de dessiner une page de plus de 300 cases, comme d'écrire un album muet. Ces dernières années, il s’est consacré essentiellement à ses deux séries phares, « Arq » et « Capricorne ». Et l'approche de la soixantaine ne l'empêche nullement de conserver la fraîcheur et le goût du risque qui définissent son œuvre aussi excitante qu'exigeante.
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